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Jacques a dit: « genou pourri »

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas raconté ma ptite vie par ici. C’est vrai que ces derniers mois, voir cette dernière année, j’ai pas mal délaissé les écrits plus personnels sur ce blog au profit d’Instagram où je suis ultra présente et active et où la fonction « story » me permet de raconter des futilités, des découvertes, mes états d’âmes, le quotidien finalement.. de manière tout à fait éphémère puisque cela ne reste pas plus de 24H.

Pourtant j’ai plein de choses à vous dire, plein de chose à écrire. Longtemps ce blog a été mon exutoire et j’ai besoin d’écrire ce que je ressens. Peu être que tout reste bloqué en moi depuis ce 1er juin.. qui sait.. J’y reviendrais bientôt, quand je serais prête à en parler 😉

Aujourd’hui c’est un article personnel sur mon état de santé que je viens écrire. Au départ je pensais que ca allait être un passage momentané et finalement cela s’installe et dure bien plus longtemps. Alors il me semble important de lui trouver une place ici, à mon genou pourri.

Fin septembre j’ai commencé à avoir des douleurs lancinantes dans mon genou droit. Surtout après ma journée de travail ( je suis auxiliaire en crèche). Puis la douleur s’est propagée et est devenue permanente, j’ai continué à travailler « dessus » en me disant que ca allait passer, sauf que non. Lundi 2 octobre mon genou me lâchait et je me suis décidée à consulter.

Premier verdict: tendinite.

Je suis mise au repos 5 jours. En fin de semaine les douleurs étaient encore plus intenses et s’étendent au creux poplité (sous le genou, à l’articulation). Suspicion de phlébite: echodoppler. RAS.

Je prends rdv pour une IRM puisqu’on suspecte maintenant une fracture des ménisques. 1 mois plus tard je la passe, épanchement, ménisques légèrement fissurés sinon RAS. Pendant tous ces mois je n’ai eu que des traitements à base d’ibuprofen et codoliprane, autant dire que ca ne me faisait absolument RIEN et plus les jours passent, plus j’ai mal. Je prends rdv avec un chirurgien ortho et je commence la kiné.

La kiné est impossible tant j’ai mal alors 3 fois par semaine j’y vais pour faire un peu d’ultrason cicatrisant et 20min d’électrodes en antalgique. Le rdv chir arrive, 2h de retard assise sur une chaise en fer, imaginez la douleur… Ce rdv a été assez violent, un médecin hautain, qui ne m’écoute pas. Qui regarde l’IRM et n’y voit rien, qui me manipule en 2sec super violemment. Je suis ressortie de là en pleurant,sans réponse et avec encore plus de douleurs…

2 mois de douleurs.

On est début décembre, je prends rdv avec un rhumatologue réputé qui a des dépassements d’honoraires surdimensionnés mais qui peut me prendre directement. On me balade depuis 2 mois, personne ne sait ce que j’ai et personne n’a l’air de prendre en compte la douleur insupportable.. je mise gros sur lui, tanpis.

Premier rdv: le diagnostic.

Rhumato, ortho, médecin du sport et ostéo, il ne tarde pas à mettre des mots sur mes maux. A mettre LE mot: chondropathie. Inflammation du cartilage qui se fait rare voir inexistant. Plus de cartilage entre le fémur et la rotule, voilà pourquoi j’ai mal. A ca ajoutez un syndrome rotulien et des ménisques fracturés. Il me fait une infiltration de cortisone immédiatement. Je repars de là chamboulée mais soulagée d’avoir un diagnostic.

Chamboulée.. parce que le rhumato est clair et ferme: la crèche, c’est terminé !

Je ne peux plus plier le genou à plus de 90°, interdiction de me mettre à genoux ou m’accroupir.

Une infiltration, puis deux. Plusieurs médicaments prescrits, izalgi, atrotec, Tramadol. Ca soulage un peu mais sans plus et les douleurs persistent et signent. Elles descendent jusqu’à la cheville, prennent tout le tibia, la rotule..

On passe à la viscosupplémentation: injection d’acide hyaluronique.

Pour en quelque sorte combler de facon naturelle le cartilage bouffé. Une injection dans l’articulation par semaine, 3 fois de suite. D’ailleurs le traitement très onéreux par Osténil, n’est plus du tout prit en charge par la sécu depuis le 1er décembre 2017, ma veine.. si ca peut aider ceux qui passent par là..

Une visco, puis deux. En route pour la 3ème. Dernière ligne droite hier et puis.. non. Injection impossible, grosse inflammation, genou gonflé, épanchement ++ Traitement de fond à l’Apranax pour calmer tout ca avant de reprendre la dernière visco.

Et après ?

Il va falloir encore attendre. 4 mois déjà que j’attends et que je vis avec mes douleurs. Attendre de voir si la visco fait effet.. et si non, je ne sais pas. On fait au jour le jour, pas de plan sur la comète, le rhumato reste réservé. Bien trop jeune pour l’opération et pose de prothèse de cartilage. Quant aux ménisques,il va falloir que je reprenne un rdv avec un chir, un autres.

Côté pro, mon état de santé ne me permet pas de travailler pour le moment et la crèche est inenvisageable maintenant, demain, à priori plus jamais. Les béquilles sont mes partenaires, que j’ai du mal à apprivoiser. Je fais encore bien trop la vaillante, je continue à m’occuper des enfants et à marcher 5km par jour.. jusqu’à devoir stopper la visco à cause de ces efforts qui provoquent un épanchement.

Mais a-ton vraiment le droit de s’arrêter quand on est mère ? Je ne devrais pas et pourtant je dois le faire, je dois marcher, je dois m’en occuper.

Donc on en est là, 4 mois après. J’attends le prochain rdv pour la dernière phase de ce premier parcours. Alors que les pics de douleurs commencent à se faire sentir dans le second genou..

Le résumé de ces derniers mois d’un point de vue technique, vous venez de l’avoir. Mais du point de vue psychique, est ce que j’en parle ? Non, assez peu 😉 Je reste assez pudique sur ce point, pourtant d’habitude j’ai des facilités à exprimer ce que je ressens. On va rester sur ces quelques mots:

épuisement moral, diminution physique, douleurs, stress, solitude, incompréhension, deuil de ma vocation.

Vous savez la douleur est quelque chose de tout à fait personnel, personne ne ressent exactement ce que vous ressentez, personne ne peut tout à fait le comprendre donc. Même si il y’a de la compassion, du soutien, de la bienveillance, finalement c’est aussi ca le plus dur: la solitude face à la douleur.

J’en profite pour vous remercier du soutien incroyable que je reçois sur Instagram, à chaque rdv, à chaque fois que je me confie sur mon moral, vous êtes là. J’essaye de ne pas trop en dire, de ne pas trop me plaindre. Je ne montre pas quand je pleure, je n’ai pas envie d’embêter. Je filme avec le sourire alors que sous la caméra, je m’arrache le genou.. Mais parfois on a envie de le dire et le soutien d’une communauté est si intense. MERCI.