Je l’allaite.

Après l’échec cuisant de l’allaitement de Liam (cause néonat où ils lui filaient des biberons du coup il a toujours boudé mon sein, mais j’ai tiré mon lait 2 mois tout de même), j’étais bien décidé a tout faire pour réussir celui de Sören. Non je suis loin d’être une militante pro allaitement, non je n’ai jamais pensé a l’allaiter longtemps mais je voulais au moins l’allaiter durant ses premières semaines de vie. Oui je fais partie de ces mamans qui sont convaincues que le lait maternel est le plus adapté à mon bébé, mais non, je ne suis pas anti LA (lait artificiel, je l’accorde c’est un peu immonde comme terme mais pourtant exact..). Je ne prône rien, ni le sein, ni le biberon et je respecte chaque mode d’allaitement. Mais pour mon bébé je voulais lui donner mon lait.

Sören a 2 semaines aujourd’hui et je l’avoue: je suis exténuée.
Je l’allaite donc depuis bientôt 15 jours, c’est très court et tellement long à la fois.
Jamais je n’aurais pensé que çà me fatiguerait autant, que ce serait si contraignant.

Ma montée de lait est arrivée moins de 48h après sa naissance, c’est un super téteur, il prend bien le sein, j’ai du lait à foison (même trop..), je n’ai jamais mal en allaitant, je n’ai pas encore eu de crevasses (merci la Lansinoh), pas d’engorgements, bref je n’ai pas à me plaindre.

MAIS.

Tout d’abord je suis très pudique, face à mon chéri, Liam, aucunes pudeur, j’allaite mon bébé comme bon me semble, assise, allongée, avec ou sans t-shirt, rien ne m’arrête. Quand quelqu’un est a la maison ou pire, en dehors de la maison c’est autre chose. Rien que de penser à l’idée de l’allaiter en dehors de notre nid me stress. Quand on vient nous rendre visite, je m’en vais m’allonger au calme et seule dans notre chambre.

Les nuits sont très difficiles, Sören est très, trèèèès demandeur, il tète environ toutes les 2H la nuit (contre toutes les 4h, en le réveillant, la journée), il tète 10min « efficacement » et ensuite c’est de la tétouille plus pour se rassurer et s’endormir que pour se nourrir. Et çà peut durer des heures. Certaines nuits après avoir mangé il a besoin de tétouiller (je suis une tétine vivante) et dès que je le pose dans son couffin, il chouine, s’agite et donc, c’est reparti, çà peut durer 2h comme çà et moi, je passe des nuits blanches.

Oui, j’ai pensé a la tétine mais il la refuse, il la repousse avec sa langue, j’ai pourtant essayé Nuk,Mam,Difrax etc.. rien. Il ne veut que la tétine-maman.

Ensuite j’ai aussi l’impression que les tétées ne le calent pas assez et qu’il se fatigue vite au sein donc forcément il réclame plus vite derrière.

A vue d’oeil j’ai pas l’impression qu’il ai bien grossit, on verra çà lundi chez le doc.

Alors pour moi l’allaitement pour le moment ce n’est vraiment pas le bonheur. J’adore ce lien qu’il y’a entre nous, le voir me regarder quand il tète c’est indescriptible, je me sens indispensable mais prisonnière aussi.
Mes sentiments sont tellement partagés, parfois j’en pleure la nuit et je culpabilise, je me dis qu’il vaudrait mieux lui donner un biberon sans larmes que l’allaiter avec des larmes d’épuisement.. puis je me dis que, mince Coralie, tu es sa mère tu te dois de lui donner ton lait, tu as la chance d’en avoir beaucoup, qu’il tète bien.

J’ai peur de regretter d’avoir baissé les bras si un jour je franchis la porte de la pharmacie pour du Gallia mais j’ai aussi peur de m’enfoncer dans ma fatigue et de m’oublier moi.
Depuis l’accouchement et la pré-éclampsie mes tensions ne sont pas très bonnes, je suis faible et franchement pas dans mon assiette.

Mais que j’aime ce lien lacté qu’il y’a entre nous mon tout petit..
Quoi qu’on fasse, ne m’en veux pas. Ne m’en veux pas de verser une larme de fatigue, ne m’en veux pas si un jour je sombre du côté du L.A..

Je t’aime.