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Je suis de celles

Bon, ce n’est plus du tout un secret pour toi, je fais weight watchers depuis 6 mois.
J’ai perdu quasi 19kg à ce jour et qui dit grosse perte de poids, dit tailles en moins.
Actuellement, je suis passé d’une taille 54 à la taille 48. 4 tailles en dessous.
C’est énorme, même si le chemin est encore long, le changement est bel et bien là.

C’est d’ailleurs à travers les fringues que je me rend le plus compte à quel point
mon corps à changé. Au quotidien, ce n’est pas simple de réaliser.
Comme souvent chez les personnes qui perdent beaucoup de poids, la tête ne suit
pas forcément. Dans mon esprit, je suis toujours aussi grosse.
Ce n’est pas toujours facile à gérer et même si je ne perds pas ultra vite,
et bien il faut quand même du temps à notre esprit et puis à notre corps aussi
d’ailleurs, pour réaliser qu’il y’a changement.

Alors quand je m’aventure dans les rayons des boutiques, la perte de poids
prend une vraie tournure et un vrai sens. Le 54 est immensément grand.
Le 52 aussi, le 50 est trop grand et me voilà donc dans un jeans en 48.
Ah oui, quand même coco ! 

Et puis, au détour d’une allée remplie de fringues, je me suis vue fouiller
les rayons de la partie dite « normale ». En fait il y’ a juste écrit « femme ».
Il n’y a plus écrit « grandes tailles ». Oui parce que les rayons sont bien séparés.
Tu es soit une femme, soit une grande taille. Pas juste une femme…

Alors tu te doutes bien, en s’habillant en 54, on ne va que dans ces rayons.
Et puis aujourd’hui je me suis habillée au rayon normal et même que,
bah ça m’allait très bien ! J’ai choisi la veste qui me plaisait.
Et pas juste, celle qui m’allait. J’avais le choix. Je n’ai pas galéré.
Je n’ai pas été dégoûtée en me regardant dans le miroir avec cette nouvelle veste.

Give me five ! Je suis de celles qui s’habillent au rayon normal.

Mais putain, tu t’imagines même pas le sentiment de normalité que j’ai ressenti.
Je me suis sentie légitime d’être là, à essayer des fringues. Je me suis sentie
fondue dans la masse de la normalité. Et bordel que c’était BON !
Je n’étais plus la grosse qui tentais de se trouver un parachute pour ne pas avoir froid cet hiver.
Je n’étais plus la pigeonne qui devait payer le double du prix une veste juste parce qu’elle est
au rayon « grandes tailles ». Et j’ai kiffé. J’ai kiffé parce que je ne le dois qu’à moi-même.
Parce que si j’ai perdu tout ce poids c’est uniquement grâce à moi. Et que je le fais
pour moi et seulement moi.

Depuis que j’ai 13 ans je me sens à part. Je me sens pas dans le moule.
Je me sens marginale et à côté de la plaque. Et moi je n’ai jamais aimé ça.
Ado, tout ce que je voulais c’est ressembler à mes copines.
Je voulais m’habiller au même rayon qu’elles, je voulais le même tshirt que ma
meilleure amie. Je ne voulais pas qu’on se moque de moi.

Et, à pratiquement 26 ans, je suis enfin en voie de le devenir.
En fait tout ce que je veux moi c’est être une fille banale.
Je veux plus être la grosse de service. Je veux juste être de celles.

Et ma ptite veste camel, c’est ma ptite pépite de normalité..

( Cet article est une revanche personnelle. Je parle en mon nom et n’émet aucun jugement
envers les femmes qui s’habillent en « grandes tailles ». Je me sens tout à fait légitime de
parler de mon expérience et de mon ressenti. Je suis d’avance désolée si j’ai pu heurter. )

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