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Langage d’une auxiliaire en crèche

Avec le temps et l’expérience, je me rend compte que nous avons vraiment un
langage particulier en crèche quand nous nous adressons aux enfants.
Sans cesse dans la remise en question de nos pratiques, on essaye de faire
toujours au mieux pour favoriser l’éveil, le développement et la confiance
en soi chez nos tout-petits. Et j’ai eu l’idée de cet article 🙂

J’avais envie de partager avec vous, pour ce premier article,
nos pratiques en matière de langage quand on s’adresse aux enfants.
Que ca soit quand il rencontre un problème, quand il se fait mal
ou tout simplement pour le langage courant lors des soins..

La différence avec nos automatismes de langage est parfois subtile
mais c’est justement cette subtilité et cette tournure différente qui peut
tout changer pour l’enfant qui reçoit vos paroles .. 🙂

Alors voici 7 situations que je rencontre au quotidien à la crèche
et les mots que je vais employer face à elles quand je m’adresse
aux enfants.

1. Arthur, 2 ans, se fait embêter par Gustave. Il pleure et reste statique.

Arthur, je vois que Gustave t’ennuie. Tu as le droit de lui dire que tu n’es pas d’accord,
exprime toi, dis lui avec des mots. Dis lui « NON ! ».

J’encourage alors l’enfant à exprimer son désaccord et à s’imposer.
Au lieu de dire « non » à Gustave moi-même, je vais encourager Arthur à
le faire lui-même et donc, à prendre confiance en lui.
Il a tout à fait le droit de le refuser et de le dire.


2. Côme tape sur la vitre du dortoir avec un Légo.

Cela fait beaucoup de bruit alors que d’autres enfants dorment..

Côme, je comprends que c’est amusant de faire grincer le Légo,
mais tu sais il y’a des enfants qui ont envie de dormir dans le dortoir.
Si tu veux, tu peux continuer à taper avec les Légos sur les tapis ou
les blocs-moteurs.

Ne pas créer d’interdit face au jeu de Côme. Il trouve cela drôle,
il n’a pas l’intention de « faire du bruit » ou de déranger. Il souhaite
juste découvrir et jouer. Encourager ses expériences mais..
la déplacer sur une surface qui fera moins de bruit à ce moment là.
De plus l’interdit suscite la convoitise.. lui dire « non » sans lui
proposer une alternative ne va faire qu’intensifier son envie mais
surtout, cela n’a rien de constructif. Il ne comprendra pas pourquoi.


3. Charlotte vient de mordre un autres enfant.

Montrer à Charlotte la réaction de l’enfant.
Lui expliquer sans gronder, qu’il y’a d’autres moyens d’expression.
Lui proposer des anneaux si elle a des poussées dentaires.
Pousser l’enfant à l’empathie envers le mordu.
 » Regarde Charlotte, elle a eu très mal tu sais, on ne mord pas. »
Expliquer autant de fois qu’il le faudra sans jamais hausser le ton.
La morsure vue de l’oeil d’un adulte est un acte violent, hors pour le tout-petit,
elle est bien souvent signe d’affection, d’un trop plein de sentiments ou
de douleurs dentaires. Proposer des alternatives.

4. Alice tombe. Elle pleure mais plus de peur que de mal !

Ne pas minimiser ses émotions en lui disant « ce n’est pas grave ».
Peut-être que pour elle, ca l’est, même si physiquement elle va bien.
Accueillir sa peur et la rassurer.
 » Alice j’ai vu que tu étais tombée, tu as dû avoir peur et je le
comprends. Tout va bien maintenant. »

5. Arthur est très énervé et cours partout.

L’erreur à ne pas faire: lui crier de se calmer.
Comment le pourrait-il alors que moi-même, je suis énervée
et je hausse le ton ? Aucune crédibilité.
Je lui parle calmement, je lui demande de s’arrêter et lui
propose une activité plus posée, de la lecture, des comptines..

6. Nathan monte sur la table et se met en danger.

L’inciter à descendre.
 » Tu va tomber et te faire mal, descends ! » Non, non..
Je suis un devin ? Bien sur que non.. 🙂
 » Tu risques de tomber et de te faire mal ».

7. C’est le moment de changer la couche de Charlie.

 » Viens Charlie, je vais te changer ! » non, non.. on change une couche, pas un enfant..
 » Viens Charlie, je vais changer ta couche ».