L’empreinte de la maternité.

Mon corps, je n’ai jamais été en harmonie avec lui. Depuis l’adolescence il fait le yoyo, je suis cette fille éternellement au régime, je n’arrive pas à trouver de juste milieu, je suis un peu en conflit permanent avec lui qui ne suis pas mon esprit, qui ne me représente pas.

Mais aujourd’hui, à presque 25 ans, je l’aime. Je lui dois tellement. En 4 ans il aura su me donner tout ce que j’ai toujours espéré depuis petite. En 4 ans il a créé,formé et donné vie à mes 2 fils.

Il a créé,porté, il s’est déformé, il s’est contracté, il s’est métamorphosé, il s’est élargi, il a porté, il a souffert, il s’est brisé, il a saigné, il a failli me lâcher. Il a travaillé dur, très dur, il a tout donné, il s’est usé, abîmé, sans retours. Et puis il a donné la vie, 2 fois. Il est extraordinaire.

Il a tiré la sonnette d’alarme plusieurs fois, je l’ai a peine écouté et il a continué à avancer, à porter, à câliner, à s’user, mais il était là, mon corps.

Alors après 4 ans d’intenses efforts, après tant de souffrance. Je lui dois beaucoup.
Il porte les traces de la vie, des marque indélébiles au dessous du nombril, souvenirs d’un ventre qui a été rond et plein et qui est maintenant si creux. Mon dos fêlé et abîmé, le coccyx cassé, péniblement soigné et qui laisse place à des douleurs constantes.
Mais mon corps n’est pas le seul a avoir subit les traces de la vie, mon esprit aussi.

Des étapes qui apportent un bonheur inégalable mais qui créé aussi des douleurs et des angoisses immenses.
Des soucis de santé pour moi enceinte de Liam, puis des problèmes de petit coeur pour lui.
Une seconde grossesse, des maux qui reviennent, un accouchement difficile, une urgence vitale, beaucoup de peur, 2 vies en danger et finalement des soucis de santé pour Sören pendant 6 longs mois. Et quelques uns aussi pour moi.
Nos corps n’ont pas été épargnés et de ce fait, nos esprits non plus.
4 ans d’angoisses, de peur. Ma tête me supplie un peu de repos. Un peu de quiétude.

Je leur dois bien çà. Aurais-je pu rêver mieux ? J’ai eu ces petits garçons dont je rêvais depuis petite. J’ai toujours su que je serais maman de garçons, je les voulais, je les ai eu. Mon corps a travaillé dur, il y a laissé des plumes pour m’offrir les cadeaux de ma vie.

Maintenant je vais en prendre soin, je vais l’aimer comme jamais, je vais le chouchouter, je vais lui rendre la pareille, je vais l’alléger, je vais le remodeler, je vais le soigner et je vais doucement panser mes blessures au fond de mon coeur et de ma tête en même temps.

Un chapitre se termine.
Mais le livre n’est pas encore terminé, ce chapitre reviendra un jour, je le sais.
J’ai vécu ma deuxième grossesse comme si ce n’était pas la dernière, j’ai toujours pensé qu’il y en aurait encore une, une dernière fois. Mais quand mon corps sera reposé.

Chaque soir, quand je m’allonge dans le canapé pour regarder la télévision, j’ai ce geste inconscient qui me rappelle qu’un jour, j’ai été pleine,ronde et occupée. Ma main qui caresse cette partie de mon corps que je bénis chaque jour. Ce ventre qui m’a tout donné. Ce corps que j’aime à présent et qui porte fièrement, l’empreinte de ma maternité.