Libre.

Pendant ma première grossesse, il était évident pour moi que j’allais allaiter Liam.
Je me sentais bien à l’idée d’essayer d’allaiter, j’étais confiante et je partais très optimiste en me disant qu’après tout, c’était comme la grossesse, une chose tellement naturelle, que forcément, çà allait rouler.

Quand Liam est né, j’étais prête, j’avais tout le petit matériel qu’il me fallait, j’avais lu des guides d’allaitement, j’ai même eu droit à une conseillère en lactation qui passait chaque jour dans ma chambre à la maternité.
J’avais une excellente montée de lait. Mais le « hic », Liam a été en néonat immédiatement à cause de son arythmie cardiaque et ce pendant 3 jours. je devais descendre à chaque tétée et j’insistais pour qu’on m’appelle quand il avait faim et que je n’étais pas présente. Rarement on m’écoutait et il a eu droit a beaucoup de biberons. Ce qui a vraiment compliqué le début de l’allaitement puisqu’il n’avait pas la bonne « technique » pour téter au sein.

Nous avons quand même réussi à tenir 3 mois ce lien lacté.

Pendant ma 2 ème grossesse, j’avais bien plus d’appréhensions, j’avais en souvenirs un allaitement difficile à mettre en route et à tenir au quotidien, je me souvenais de ma pudeur à chaque sortie, le stress que çà me procurait de devoir allaiter ailleurs qu’à la maison et en la présence d’autres personnes que mon homme.
Mais j’ai quand même tenu à le faire pour Sören aussi, tout en ayant prévu 2 biberons au cas où.

Sören ne m’a plus jamais quitté à la minute où il est né et çà a grandement facilité les choses. Il était un bon téteur, très très bon même. Nous avons vécu plusieurs semaines avec un bébé réclamant le sein toutes les 30min ou alors des tétées de 2h nuit.. jour..
j’étais épuisée, E-PUI-SEE !
Et toujours cette pudeur impossible à combattre qui me tétanisait dès qu’on devait sortir de la maison, je n’avais qu’une peur, que le mini ai faim et qu’il faille l’allaiter en dehors du cocon.

Je ne peux pas vraiment m’expliquer cette pudeur, pourtant quand je vois une maman allaiter son bébé, je suis attendrie, rien de plus normale a mes yeux, mais là c’était moi et c’était donc absolument pas pareil.
Impossible pour moi de dégainer mon sein à n’importe quel endroit devant n’importe qui même en me « cachant » un peu avec un lange. Et puis l’autre soucis majeur était que la meilleur position pour Sören et moi lors des tétées était… allongés sur le côté. Difficile en dehors de la maison, non ?

Nous avons nous aussi, tenu pratiquement 4 mois. Une vraie victoire, mais une vraie libération aussi.

Le jour où j’ai été acheter cette première boite de lait maternisé, j’étais toute bizarre.
Un mélange étrange entre culpabilité,nostalgie et un sentiment terrible de liberté.

J’ai eu le sentiment de me libérer toute seule.

Soudain, je n’étais plus condamnée à rester à la maison, je pouvais sortir toute une journée avec bébé si je le voulais, je n’avais plus cette angoisse profonde de devoir nourrir mon fils en dehors de chez nous.
Mais aussi, le soulagement de pouvoir déléguer, passer le RELAIS au papa quand Sören avait faim la nuit.

Certes, je n’étais plus le centre du monde pour mon bébé, je ne lui étais plus indispensable, du moins pour le nourrir. Mais j’étais libre.

Ce jour là, je me suis promise que, si un jour, nous devions avoir un troisième bébé (absolument pas au programme familial), je ne l’allaiterais pas. Et quand j’ai pris cette décision, je me suis sentie furieusement libre. Une femme libérée, libre de choisir d’allaiter, ou non.

Toutes les femmes sont libres, libres d’allaiter, libres de choisir le biberon, libres de leurs choix.

Personne ne peut nous imposer une quelconque pression quand à choisir le sein ou le biberon.
Personne ne contredira jamais le fait que, bien sur, le lait maternel est le meilleur pour bébé.
J’ai choisis d’allaiter mes fils pour cela et pour ce lien incroyable qui unis un allaitant et un allaité. Mais aujourd’hui, c’est fini. Je choisis de me libérer de cette pression pour une prochaine grossesse. Je ne recommencerais plus cette formidable aventure, je l’ai connue, 2 fois, je l’ai aimée, je l’ai détestée, je l’ai regrettée, je l’ai remerciée, je l’ai savourée mais je l’ai aussi beaucoup subie.

L.I.B.R.E.




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